La technologie est un miroir : quel monde voulons-nous alimenter?

Illustration de l’article sur la technologie comme miroir

La technologie, comme bien d’autres sujets, est de plus en plus polarisante. Entre les théories de l’utopie et celle de l’anarchie, le fossé se creuse tranquillement, mais un point revient, peu importe notre position : le rôle central de l’humain. Du moins, pour le moment. Car c’est encore nous qui fixons les règles du jeu, qui définissons ce que les machines optimisent, amplifient ou peuvent créer. Et ce, jusqu’à ce qu’un changement de paradigme vienne changer la game!

Prenons l’exemple des algorithmes des réseaux sociaux, il y a quelques années. Quelle était leur mission? Maximiser l’attention de l’utilisateur, à tout prix. Le résultat : la haine, les controverses et les contenus polarisants ont été mis en avant, non pas parce que les machines l’ont décidé, mais parce que nous, les humains, interagissons davantage avec ce type de publications (it’s a fact). Les algorithmes ont simplement répondu à une logique d’offre et de demande. Si la demande existe, un produit émergera pour y répondre, peu importe sa nature.

Aujourd’hui, la frontière entre contenu généré par l’humain et celui généré par la machine est de plus en plus mince. Pourquoi? Parce que nous le permettons, voire l’encourageons. Est-ce que le contenu généré par des machines est plus consommé? Est-ce que les excès, les grossièretés ou les simplifications excessives circulent parce qu’elles trouvent un public? La réponse est sans doute oui. Nous sommes à la fois victimes, mais surtout complices de ce système.

Cela soulève une question fondamentale : sommes-nous en train de déléguer notre responsabilité à des outils qui ne font que refléter et amplifier nos propres biais et désirs? Si les machines apprennent de nos comportements, c’est donc à nous de revisiter ce que nous valorisons. La technologie n’est souvent qu’un miroir ou un amplificateur, parfois déformant certes, mais elle demeure un miroir.

Avant de pointer du doigt les algorithmes ou l’IA, interrogeons-nous : quel monde voulons-nous alimenter et quel contenu voulons-nous consommer? Quels contenus méritent notre attention, notre temps, notre engagement? Ce sont ces réponses qui façonneront ce que les machines ET les humains produiront demain.

La solution passe-t-elle par une régulation plus stricte, une éducation renforcée de l’esprit critique, ou une remise en question collective de nos habitudes de consommation? Probablement un mélange des trois.

Publié d’abord sur LinkedIn. Image : Gerd Altmann, Pixabay.

Seb Hémond

COO @ HalfSerious | 15+ ans à transformer les opérations sans casser les humains | Pensée critique & IA | Chargé de cours ESG UQAM