Littératie technologique : le mythe du « digital native »

Illustration de l’article sur la littératie technologique

On garroche des devices aux enfants en supposant qu’ils savent quoi en faire.

Spoiler : ben non! Et la plupart des parents ne savent pas non plus.

Le mythe du « digital native » qui maîtrise la tech parce qu’il est né dedans, c’est justement ça, un mythe. On confond utiliser avec comprendre et consommer avec maîtriser. Pendant ce temps-là, on n’a pas enseigné les bases. On a accumulé une dette de littératie technologique tranquillement, sans trop s’en rendre compte. L’humain est lent par rapport à la technologie…

Quand on parle de littératie tech, on pense souvent à la sécurité. C’est légitime : avec l’IA, les fraudes sont de plus en plus sophistiquées et difficiles à détecter. Ça va juste empirer dans les prochains mois.

Mais l’angle qu’on oublie presque toujours, c’est le savoir-être avec la technologie.

Comment apprend-on à vivre avec elle de façon saine? Comment développe-t-on une relation intentionnelle avec des outils méticuleusement conçus pour capturer notre attention le plus longtemps possible?

On jase là, mais on donne à des enfants des vortex attentionnels, des machines à dopamine optimisées par des milliers d’ingénieurs et de spécialistes adultes. Ensuite, on s’étonne que le temps d’écran soit si difficile à gérer.

Les ados passent en moyenne 8 h par jour sur un appareil (données d’un centre de recherche au Québec). Et ça, c’est ceux en sport-études. Imaginez les autres!

Ce n’est pas un jugement sur les parents, ni sur les profs. C’est un constat de société : on n’a pas capté ça assez rapidement, et on n’a pas dédié les ressources nécessaires. Je l’ai mentionné plus haut, l’humain est lent, mais là, il faut agir.

On enseigne un paquet de matières à l’école et la littératie technologique devrait en faire partie. Pour moi, il s’agit d’une coresponsabilité avec les parents, sauf que comment enseigner quelque chose qu’on ne maîtrise pas soi-même? L’impact sur le développement, la santé mentale et la concentration des jeunes (et des adultes), c’est réel et c’est maintenant.

Bref, ce n’est pas un sujet de recherche à planifier dans 5 ans, les données sont déjà là. C’est une urgence et il faut vraiment emboîter le pas en ce sens.

Publié d’abord sur LinkedIn. Photo : John, Unsplash.

Seb Hémond

COO @ HalfSerious | 15+ ans à transformer les opérations sans casser les humains | Pensée critique & IA | Chargé de cours ESG UQAM