On jase là, suis-je le seul qui trouve ça vraiment cringe de se faire enregistrer tout le temps?
Depuis quelques mois, les devices se multiplient. Des appareils audio qu’on colle sur son cellulaire ou qu’on glisse dans sa poche pour transcrire toutes ses conversations. Des lunettes « intelligentes » avec micros et caméras, qui enregistrent constamment tout.
Il y a également les casques VR, mais à la limite, c’est un choix personnel de laisser une entreprise capter ce qui se passe dans sa propre maison; on ne se balade pas encore avec ça dans la rue. Pour l’instant…
Le problème, c’est que l’espace où on peut raisonnablement s’attendre à ne pas être capté rétrécit à vitesse grand V. Cellulaires, caméras de circulation, caméras dans les commerces, ça fait partie de notre quotidien. Là, on rajoute des appareils portables, discrets, banalisés, que des individus ordinaires vont promener partout.
C’est quoi, la norme sociale ici? Légalement, ça dépend des juridictions, mais socialement, on n’a pas encore eu cette conversation sérieusement.
Quand on voit quelqu’un avec des lunettes intelligentes, est-ce qu’on a le droit de lui demander d’arrêter d’enregistrer? Est-ce qu’on va devoir le préciser à chaque réunion, chaque souper, chaque rencontre? Et pour ceux qu’on ne voit pas venir ou qui sont trop loin de nous? On fait quoi dans un resto ou dans un mall?
Je n’ai pas de réponse. Mais je pense qu’on sous-estime à quel point cette normalisation se fait vite et silencieusement…
Les cages de Faraday ou les bloqueurs de signaux commencent à avoir l’air de moins en moins absurdes.
Bref, je crois qu’il faut se poser sérieusement la question collectivement.
Publié d’abord sur LinkedIn. Photo : Craig Pattenaude, Unsplash.






