C’est avec un brin de nostalgie que je termine la session de mon cours de veille technologique et d’open source. Ce fut exigeant, certes, mais surtout incroyablement enrichissant grâce à mes étudiants et à leurs parcours respectifs.
Voici quelques constats suite à ces 15 semaines.
Cette session était 50 % en présentiel et 50 % à distance. Sans hésiter, je préfère enseigner en personne : les étudiants sont plus attentifs, les interactions plus nombreuses et les discussions profondes. En revanche, un cours sur Zoom, c’est moins dynamique et c’est beaucoup plus énergivore.
La pensée critique (oui, encore elle) demeure LA compétence à cultiver. Elle permet de naviguer dans l’océan d’informations sans se laisser séduire par une réponse très convaincante, mais non vérifiée. C’est ce qui devrait toujours être au centre de l’enseignement, quel que soit le niveau ou la matière.
Dans un cours qui encourage l’usage de l’IA, j’ai constaté que réaliser un travail sans l’utiliser n’est pas mauvais en soi, mais demande clairement plus de temps et d’effort. Les modèles sont souvent très efficaces, à condition de les interroger correctement et de ne pas se contenter d’une réponse unique. La valeur se trouve dans l’interaction et la possibilité de creuser plus loin avec elle. C’est ce que j’ai tenté de leur démontrer tout au long de la session.
J’ai également observé avec eux que les résultats varient d’une plateforme à l’autre; il est essentiel de croiser les sources et de ne jamais se reposer sur un seul outil. Par ailleurs, un fossé se creuse entre ceux qui utilisent des solutions gratuites et ceux qui investissent dans des versions payantes. Je crois qu’il est temps d’envisager sérieusement la création d’une IA publique et accessible à tous, pour prévenir les inégalités grandissantes liées à ces technologies.
Au-delà du contenu que j’ai transmis, c’est la curiosité, les parcours et les expériences de chacun qui ont nourri nos échanges. Cette expérience m’a rappelé qu’un cours ne peut rester figé; il doit évoluer avec le marché, les technologies et les enjeux. Réutiliser le même matériel d’une année à l’autre, c’est prendre le risque de devenir obsolète.
Rester pertinent, cohérent et critique, c’est la clé.
Merci à tous mes étudiants pour cette belle aventure humaine et professionnelle.
Publié d’abord sur LinkedIn.
