Hier, j’ai lu le rapport « Mobilisation au sujet de la prochaine stratégie du Canada en matière d’IA ». Un gros 23 pages, question de garder mon sens critique bien aiguisé. Voici ce qui en ressort, parsemé de mes observations et de mes opinions personnelles.
- Souveraineté. On ne peut pas se permettre de dépendre d’infrastructures étrangères, surtout dans un monde où les tensions géopolitiques redéfinissent les règles du jeu. Si on maîtrise l’infrastructure et la littératie, on maîtrise la suite. Sinon, on reste des locataires dans un écosystème qu’on ne contrôle pas.
- Ancrer l’innovation ici. Combien d’entreprises canadiennes ont bénéficié de subventions… pour finir par s’installer ailleurs? Si on investit, c’est pour que la propriété intellectuelle, les emplois et la croissance restent au pays.
- Accès universel. Sans lui, on crée deux catégories : ceux qui savent utiliser l’IA, et ceux qui seront exclus. L’équité commence par l’éducation. Sinon, on aggrave les inégalités au lieu de les réduire.
- Au-delà des power users. L’IA ne doit pas être l’affaire de quelques initiés. C’est une révolution qui doit s’intégrer dans les processus, les cultures et les stratégies d’entreprise. Sinon, ça reste très fringe.
- Des voix manquantes. Le rapport est dominé par les voix de la tech. Est-ce que les autres industries se taisent par manque de connaissance, par désintérêt ou par désillusion? Un échantillon plus représentatif serait bienvenu pour la suite.
- Les académiques. Ils sont plutôt absents du rapport. Leur expertise en éthique, en méthodologie et en gouvernance est cruciale. Sans eux, on risque des régulations avec une vision trop à court terme, ou trop centrée sur les rendements.
- Réguler sans se nuire. Viser le titre de « pays le plus régulé » est un risque. Il faut des normes alignées sur les standards globaux, assez solides pour protéger, assez flexibles pour innover. Un équilibre fragile, tout un défi.
- Les SLM et l’IA de niche. Il est là, l’avenir. Plutôt que de courir après le dernier gros hype, concentrons-nous sur des solutions efficaces, ciblées et durables, y compris sur le plan environnemental.
- Les talents. Attirer des cerveaux, c’est bien. Mais il faut aussi donner aux entreprises canadiennes les moyens de les embaucher et de garder la propriété intellectuelle ici. Pourquoi ne pas faciliter l’embauche internationale en remote? Ah oui, c’est vrai… le fédéral retourne au bureau. My bad!
- Le gouvernement comme premier utilisateur. Si nos systèmes publics adoptent l’infrastructure et l’IA canadiennes, les entreprises et les citoyens suivront. Let’s walk the talk.
Bref, on a ouvert une porte, il faut y entrer à pieds joints, mais avec une vision à long terme. Parce que l’IA, ce n’est pas qu’une mode. C’est le début d’une révolution industrielle. Nous avons tout à gagner à en être les acteurs principaux et non des spectateurs.
Publié d’abord sur LinkedIn.
