Il y a un an, monter une modélisation financière complexe avec un cabinet de conseil = 1 mois.
Le même exercice, seul, aujourd’hui = 2-3 heures.
Mais je termine ces 2-3 heures brûlé raide!
Avant : une première rencontre. Quelques jours pour recevoir une première version du modèle. Mes commentaires. Quelques jours avant la prochaine rencontre. Une autre version, etc.
Aujourd’hui, avec l’IA, j’ai retiré ces allers-retours.
C’est ce que j’aime appeler la contraction du travail.
Le travail ne disparaît pas par magie. C’est le temps entre les allers-retours qui disparaît. Le feedback loop, qui prenait des jours, se règle en quelques minutes.
Sauf que je réalise une chose. Le cabinet n’était pas lent. Ce temps d’attente, c’était également mon temps de réflexion. Le moment où l’idée mûrissait pendant que je faisais autre chose.
Là, toute la réflexion d’un mois est compressée dans un après-midi. Mon cerveau n’a jamais le temps de prendre une pause, pour prendre du recul.
Une étude de BCG auprès de près de 1 500 travailleurs donne même un nom à ça : le « AI brain fry ». Une fatigue mentale à force de superviser l’IA…
Ce que je tente de faire de plus en plus, c’est de terminer ce genre de bloc de travail, puis de le mettre de côté. Je le laisse reposer au moins une nuit avant d’y revenir et de continuer.
Je réintroduis, ironiquement, une portion du délai que l’outil vient d’effacer.
En ce moment, plein d’organisations se demandent comment réorganiser le travail avec l’IA. Si la réponse, c’est juste de le contracter, sans donner aux gens des mécanismes pour s’adapter, à long terme, je crois qu’on s’en va dans un mur…
Ce gain de vitesse, on va le payer en humains.
Publié d’abord sur LinkedIn. Image : Print Room, Pixabay.









