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  • L’effet ETF de l’information : quand tout le monde lit la même réponse

    L’effet ETF de l’information : quand tout le monde lit la même réponse

    Dans les marchés boursiers, on peut observer un effet de corrélation, c’est-à-dire que plus les gens investissent dans des ETF qui suivent « le marché », plus ils bougent ensemble.

    Je crois que depuis un certain temps, c’est la même chose avec l’information.

    Ce n’est pas d’hier que les algorithmes de Google, Facebook ou des moteurs de recherche fonctionnent ainsi, mais je crois que le phénomène s’accentue rapidement. Aujourd’hui, une majorité de gens ne consultent plus plusieurs sources, on demande simplement à son IA préférée, qui fait le scraping à notre place et nous offre une réponse consolidée, parfois avec des sources… On jase là, mais est-ce que vous allez réellement les lire, les sources?

    Comme les algorithmes (et les entreprises derrière) cherchent à garder notre attention et à réduire leurs coûts, on se retrouve avec des réponses de plus en plus standardisées. Donc, sortir des sentiers battus devient de plus en plus difficile, surtout si on reste dans ce genre d’approche. Je crois que ça représente un danger pour notre capacité d’analyse.

    Tout ceci m’amène également à parler de la neutralité du web. Elle bat de l’aile depuis un moment déjà, mais que se passera-t-il quand certains médias interdiront le scraping gratuit aux IA (d’ailleurs, une tendance en hausse), pendant que d’autres paieront pour être mis de l’avant?

    On passera alors d’un biais algorithmique parfois flou à des ententes commerciales au plus fort la poche.

    Je vous laisse réfléchir à tout ça. Mais je reviens sur mon cheval de bataille : la pensée critique.

    On doit continuer à diversifier nos sources, à remonter aux originaux, à creuser les angles morts.

    Publié d’abord sur LinkedIn. Photo : Roman Kraft.

  • « Voulez-vous un résumé? » Trop de résumés tue la réflexion

    « Voulez-vous un résumé? » Trop de résumés tue la réflexion

    « Voulez-vous un résumé… »
    « Voici un résumé du document »

    Est-ce juste moi qui capote avec ça? Il me semble que ça fait beaucoup de résumés? Est-ce que le proverbe « trop n’est pas assez » est sur le point de s’inverser? J’en peux plus de ces pop-ups partout dans les apps!

    T’inquiète l’IA, si je ne veux pas de profondeur, ne pas apprécier la subtilité des mots choisis, ne pas savourer le style de l’auteur, je te ferai signe pour un « résumé ». C’est quoi cette folie du rat race et de ne pas vouloir lire le contenu?

    Comment allons-nous communiquer efficacement si chacun se contente d’un résumé de résumé? Je crois que c’est mettre à risque notre capacité de compréhension, d’analyse et de réflexion.

    J’ai lu un article passionnant la semaine dernière, qui expliquait que nous créons des outils IA sans y intégrer les principes d’apprentissage humains, soit via les processus, l’effort, les itérations et la réflexion. Ce que l’on bâtit en ce moment, c’est dans la majorité des cas une machine à donner des réponses.

    Il est plus que temps de revoir comment nous concevons les outils, afin qu’ils nous accompagnent dans nos apprentissages et renforcent nos compétences, au lieu de prendre la place tranquillement de notre esprit critique.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • Coldplay, Jack White et la fin de la vie privée en public

    Coldplay, Jack White et la fin de la vie privée en public

    Je reprends l’exemple de ces deux tourtereaux surpris lors d’un concert de Coldplay, car il illustre à quel point la vie privée glisse sur une pente descendante. Certains me diront qu’ils étaient dans une foule, qu’il y avait plein de monde… Mais il y a quelques années, la probabilité d’être reconnu était quasi nulle. Au pire, on aurait eu droit à quelques rumeurs.

    Aujourd’hui, non seulement ce moment a été filmé, mais il est devenu viral. En moins de 48 heures, c’est devenu un meme repris un peu partout et qui sera gravé dans la mémoire collective. Se fondre dans une foule n’est plus possible, les lieux réellement à l’abri des caméras et du partage en ligne se font si rares que l’idée même de vie privée est obsolète.

    Cette réflexion m’a immédiatement fait penser au concert de Jack White, auquel j’ai assisté il y a deux ans : un show sans téléphone permis. Ce fut vraiment une superbe expérience! Profiter pleinement de la musique, sans aucune distraction ni la moindre idée de ce qui nous attendait. J’aurais aimé vous partager une photo… mais je n’en ai pas!

    J’espère que ce type d’événement se multipliera. En attendant, restez vigilants en public.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • Le modèle de rémunération à l’heure est brisé!

    Le modèle de rémunération à l’heure est brisé!

    Dans l’industrie du « knowledge work » du moins… Pourquoi continuons-nous à mesurer la valeur du travail en heures plutôt qu’en résultats? Ne devrions-nous pas plutôt récompenser la valeur apportée, les connaissances accumulées ou la capacité à livrer un travail de qualité plus rapidement?

    Je crois qu’il est temps de redéfinir ce que nous considérons comme du travail. Ne mélangeons-nous pas parfois le présentéisme et la productivité? Le temps de réflexion, la veille, la lecture ou même un lunch qui fait évoluer notre pensée fait, à mon sens, partie de notre « travail ».

    Si une personne livre en une heure ce que d’autres réalisent en huit, doivent-elles être rémunérées de la même façon? Que fait celle qui travaille plus rapidement du reste de sa journée? Plus de travail?

    Au final, voulons-nous être efficaces ou plus efficients? En repensant la rémunération, en misant sur la flexibilité et la valeur réelle, nous pourrions encourager une approche plus agile, plus motivante et mieux alignée sur les objectifs de chacun. Ceci aurait pour effet d’encourager l’innovation, la performance et la productivité.

    Bon je sais, je sais, vous allez me dire que ce sont de belles réflexions, mais comment on applique ça dans une entreprise? Il est justement là le défi, car à petite échelle ça se peut, ça se gère, mais comment on « scale » ça?

    Bref, j’ouvre la discussion, car c’est tout un défi!

    Publié d’abord sur LinkedIn. Photo : Hennie Stander, Unsplash.

  • Ce que m’a appris une session à enseigner la veille technologique

    Ce que m’a appris une session à enseigner la veille technologique

    C’est avec un brin de nostalgie que je termine la session de mon cours de veille technologique et d’open source. Ce fut exigeant, certes, mais surtout incroyablement enrichissant grâce à mes étudiants et à leurs parcours respectifs.

    Voici quelques constats suite à ces 15 semaines.

    Cette session était 50 % en présentiel et 50 % à distance. Sans hésiter, je préfère enseigner en personne : les étudiants sont plus attentifs, les interactions plus nombreuses et les discussions profondes. En revanche, un cours sur Zoom, c’est moins dynamique et c’est beaucoup plus énergivore.

    La pensée critique (oui, encore elle) demeure LA compétence à cultiver. Elle permet de naviguer dans l’océan d’informations sans se laisser séduire par une réponse très convaincante, mais non vérifiée. C’est ce qui devrait toujours être au centre de l’enseignement, quel que soit le niveau ou la matière.

    Dans un cours qui encourage l’usage de l’IA, j’ai constaté que réaliser un travail sans l’utiliser n’est pas mauvais en soi, mais demande clairement plus de temps et d’effort. Les modèles sont souvent très efficaces, à condition de les interroger correctement et de ne pas se contenter d’une réponse unique. La valeur se trouve dans l’interaction et la possibilité de creuser plus loin avec elle. C’est ce que j’ai tenté de leur démontrer tout au long de la session.

    J’ai également observé avec eux que les résultats varient d’une plateforme à l’autre; il est essentiel de croiser les sources et de ne jamais se reposer sur un seul outil. Par ailleurs, un fossé se creuse entre ceux qui utilisent des solutions gratuites et ceux qui investissent dans des versions payantes. Je crois qu’il est temps d’envisager sérieusement la création d’une IA publique et accessible à tous, pour prévenir les inégalités grandissantes liées à ces technologies.

    Au-delà du contenu que j’ai transmis, c’est la curiosité, les parcours et les expériences de chacun qui ont nourri nos échanges. Cette expérience m’a rappelé qu’un cours ne peut rester figé; il doit évoluer avec le marché, les technologies et les enjeux. Réutiliser le même matériel d’une année à l’autre, c’est prendre le risque de devenir obsolète.

    Rester pertinent, cohérent et critique, c’est la clé.

    Merci à tous mes étudiants pour cette belle aventure humaine et professionnelle.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • Trouver l’équilibre entre le chaos et l’organisation

    Trouver l’équilibre entre le chaos et l’organisation

    C’est toujours un défi de trouver l’équilibre entre le chaos et l’organisation, que ce soit dans sa vie perso ou en entreprise.

    Avec l’expérience, j’ai compris qu’il vaut mieux automatiser ou cadrer tout ce qui se répète et n’a pas de valeur à être réinventé. Rapidement, on constate d’importants gains d’efficience, en limitant les questionnements inutiles et les erreurs potentielles. Ceci nous permet de conserver notre énergie et de concentrer nos efforts dans des aspects ayant plus de valeur.

    Pour innover constamment (pas seulement sur le plan technologique), il est essentiel de se réserver des moments de créativité et de brainstorming, d’expérimenter de nouvelles idées et surtout, de se donner la liberté de se planter. Fail fast comme on dit!

    Le défi, c’est selon moi d’identifier précisément ce qui mérite d’être cadré et automatisé versus ce qui doit rester flexible, et surtout, trouver l’équilibre optimal entre ces deux mondes, tout en sachant que cette frontière évolue constamment.

    Comme le dit Adam Grant : « Think again ». Il faut se remettre en question régulièrement, mais sans réagir trop rapidement, afin de demeurer aligné avec notre why et surtout pour ne pas étourdir les gens dans nos organisations.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • L’IA et la pensée critique : plus on fait confiance, moins on réfléchit

    L’IA et la pensée critique : plus on fait confiance, moins on réfléchit

    Il y a quelques semaines, je parlais des enjeux qui, selon moi, seront névralgiques dans les années à venir au niveau de notre société. La pensée critique est, à mon sens, LA compétence à cultiver impérativement à tous les niveaux, afin de naviguer dans la marée d’informations du web et de pouvoir critiquer les réponses que nous servent les IA. C’est ce que j’essaie de transmettre, que ce soit à travers mon cours de veille, dans des discussions avec des amis ou via certaines publications.

    Voici une étude intéressante qui explore l’impact de l’utilisation de l’IA sur la pensée critique chez des professionnels du « knowledge work ». Malgré un échantillon limité, les résultats montrent que plus la confiance en l’IA est élevée, moins la pensée critique est sollicitée. Inversement, en l’absence de confiance, la pensée critique s’active davantage. Logique vous me direz, mais cette tendance risque de s’accentuer.

    L’une des forces remarquables des IA, c’est leur capacité à convaincre, même lorsqu’elles sont complètement dans le champ gauche. Je crois que dans un avenir rapproché, nous nous orienterons vers une spécialisation des IA, avec notamment la mise en place de mécanismes de validation du corpus d’entraînement, de limitations des hallucinations et d’assurance sur la qualité des informations fournies. Les LLM c’est bien, mais la spécialisation des modèles c’est mieux, autant dans la qualité des réponses qu’au niveau écologique.

    Bref, je vous invite à prendre connaissance de ce papier qui met la table pour revoir la façon dont nous utilisons notre esprit critique avec l’IA : lien de l’étude.

    PS : Je n’ai pas demandé de résumé à l’IA, j’ai bel et bien lu le document en entier.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • L’effet Ghibli : si vous ne payez pas, vous êtes le produit

    L’effet Ghibli : si vous ne payez pas, vous êtes le produit

    L’effet Ghibli avec OpenAI me rappelle la folie Pokémon Go, où tout le monde se garochait pour attraper des Pokémon un peu partout sur la planète avec leur téléphone.

    Le parallèle? Avec Pokémon Go, en plus d’attraper des Pokémons, les usagers laissaient leur caméra capter leur environnement, l’intérieur de leur maison, le tout géolocalisé en temps réel… Une superbe façon de créer une cartographie et démographie mondiale, en claquant des doigts.

    Dans le cas d’OpenAI, lorsqu’un utilisateur envoie sa photo pour la modifier, il consent à ce que le modèle soit entraîné avec ses données. D’ailleurs, vous pouvez « opt out » si ce n’est pas déjà fait, via vos paramètres. L’entreprise se retrouve donc avec une quantité phénoménale de données personnelles; non seulement les visages de millions de personnes, mais également toutes les informations en périphérie, révélant souvent bien plus qu’on ne le pense.

    Si vous avez partagé une photo de vous avec vos amis ou votre famille, avez-vous pensé à demander leur accord avant de soumettre cette image?

    Le but de cette publication est de sensibiliser le citoyen numérique et de vous rappeler qu’il faut rester vigilant. Nous devons être de plus en plus prudents quant aux informations que nous partageons en ligne.

    N’oubliez jamais que, si vous ne payez pas, vous êtes le produit.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • C’est moi ou le ghosting devient de plus en plus fréquent?

    C’est moi ou le ghosting devient de plus en plus fréquent?

    J’ose croire que c’est l’attention des gens qui diminue ou un oubli face à une surcharge de notifications, faisant disparaître une communication dans l’abysse…

    J’observe ce phénomène non seulement à travers mes propres expériences, mais également lors d’échanges avec des collègues et amis. Quoi qu’il en soit, il laisse toujours un sentiment d’incompréhension et, pour moi, représente une forme de manque de respect.

    Cela m’amène à m’interroger sur le pourquoi de ce comportement devenu si courant. Les interactions sociales deviennent-elles trop difficiles ou trop exigeantes pour certaines personnes? Est-ce le fruit d’une culture où l’immédiat et l’anonymat des communications numériques rendent plus facile de fuir une discussion?

    Je crois que ce phénomène illustre un défi plus large : comment rester humain dans un monde où la technologie est censée nous rapprocher, mais où elle semble parfois nous éloigner? Il semble y avoir un véritable changement communicationnel sur lequel il vaut la peine de se pencher. On suppose souvent que, parce que nous sommes exposés à ces outils, nous les maîtrisons.

    Pourtant, je suis convaincu que l’hygiène communicationnelle mérite d’être enseignée ou du moins discutée.

    Publié d’abord sur LinkedIn.

  • L’impact écologique des LLM, la question qu’on ne pose pas assez

    L’impact écologique des LLM, la question qu’on ne pose pas assez

    Cette semaine, une étudiante m’a demandé de rester après mon cours pour connaître mon opinion sur l’impact écologique des solutions technologiques, en particulier des LLM. Elle m’a expliqué que ce sujet, bien que rarement abordé tant dans le milieu académique que dans les projets, lui tenait à cœur.

    Ma réponse a été la suivante : il est vrai que l’on discute souvent de scope, de temps, de budget et de coûts indirects, mais on évoque rarement l’impact environnemental des solutions déployées. On devrait pourtant y accorder de plus en plus d’importance.

    Je lui ai également parlé de la nécessité de réduire l’utilisation à la source, plutôt que de simplement développer des modèles toujours plus gros et performants. Certes, la compétition entre différents modèles et les capacités d’entraînement et de traitement de Nvidia ou de Cerebras sont impressionnantes… Mais la véritable question reste de savoir si nous devons utiliser l’IA dans certains contextes ou non.

    Le problème, c’est que derrière notre clavier, la technologie demeure très abstraite. Qu’il s’agisse d’une recherche, de l’envoi d’une photo sur le cloud ou de la demande de génération d’une image de chat par une IA, le résultat s’affiche en quelques secondes, sans que l’on perçoive l’ampleur des ressources mobilisées derrière.

    Le bug avec les LLM, c’est que c’est exponentiel!

    Bref, il est temps de se poser des questions plus larges sur l’impact, la nécessité et la pertinence d’utiliser des LLM à toutes les sauces. Il est également indispensable que les organisations détentrices de ces modèles fassent preuve de plus de transparence quant à l’impact environnemental de leur usage, car il n’est pas si simple de trouver des chiffres clairs en la matière.

    Publié d’abord sur LinkedIn. Photo : Nail Gilfanov.